C'est à la même époque que son destin s'unit à celui de Laurent Boutonnat et Jérôme Dahan. Le hasard fait plutôt bien les choses: les 2 compéres ont composés une chanson, et cherchent une interprète. Ils convoquent officiellement Myléne à un casting, et la choisissent parmis d'autres filles, en raison notamment de son air "psychotique", comme l'expliquera Laurent plus tard. Ainsi nait une comptine torturée,
"Maman a tort " .En un refrain, les jalons sont posés : ambiguïté, allusion faussement naïve aux plaisirs "impolis", flirt avec la névrose infantile et l'humiliation.
"Maman a tort" sort en mars 1984, chez RCA, aprés bien des difficultés. "Nous étions soulagés mais le disque est sorti tel que timidement, avec un instrumental en face B, car nous n'avions pas le budget pour faire un autre titre"; Le single sort avec une pochette noir et blanc, où Myléne pose en nuisette vaporeuse en noir et blanc. Le 45 tours est dédié à Louis II de la Baviére et à une certaine Frances... En fait, Frances Farmer, à qui Myléne emprunte le patronyme. Frances Farmer, actrice américaine déglinguée à la vie sommanbulique, qui illumina Hollywood dans les années 1930-1940.
"Maman a tort" acquiert une petite notoriété, puisque au final, il se vend à près de 100 000 copies. Myléne commence également les télévisions et les galas. Un clip suivra "Maman à tort", réalisé par Laurent Boutonnnat : Myléne, en chemise de nuit transparente, chante sa ritournelle devant des enfants fascinés, et finit décapitée façon boeuf en daube sur une table à manger. Sa fin est censurée par quelques émissions "grand public", quand Myléne finit symboliquement décapitée..
A l'époque, la chanteuse s'étonne du nombre d'interprétations qui sont données au titre, et dispense ici et là au fil de la presse jeune quelques phrases bien senties sur le vide intellectuel de ses congénères, son goût pour la lecture et le macabre.
Myléne Farmer est née, avec une volonté affichée de semer le trouble dans le monde policé de la variété française.